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Moby Dick sous couverture des publications des Cahiers du Contadour - Ouvrage réalisé avec des parties de numéros des Cahiers invendus



Couverture des Cahiers pour Moby Dick en édition originale Page de titre de Moby Dick  ( Cahier N° V )


HERMAN MELVILLE : Moby Dick.


Traduit de l'Américain par Lucien JACQUES - Joan SMITH et Jean GIONO.
Bois gravé d'Alexandre NOLL.

Aux Cahiers du Contadour (sans date - 1939),  in-8 (22 x 16,5 cm) de 512 (4) + XV (5) pp.
Avec deux hors-texte imprimés sur papier couché : scène de chasse à la baleine -
scène de chasse au cachalot

Volume composé à partir des quatre parties formant ensembles l'intégralité du texte "Moby Dick",
"récupérées" sur des invendus des Cahiers N° V à VIII, ce qui en explique la rareté de diffusion.
La couverture a été imprimée spécialement pour cette réunion,
il est grandement possible qu'elle fut imprimée à la suite de l'impression du Cahier N° VIII de mars 1939

Descriptif des quatre parties tirées des Cahiers du Contadour :
Cahier N° V : Page de faux-titre et de titre, comprises dans la pagination de 1 à 120.
Cahier N° VI : Pagination continue de 121 à 240, avec un hors-texte imprimé sur papier couché : La Chasse à la Baleine.
Cahier N° VII : Pagination continue de 241 à 400, avec un hors-texte : La Chasse au Cachalot
Cahier N° VIII : Pagination continue de 401 à 516, avec un hors-texte : La Chasse à la Baleine (le même que celui du T VI)

Dans les exemplaires réunis sous couverture spéciale des Cahiers du Contadour,
il est possible de trouver le H.T. de chasse au cachalot et deux fois le même H.T. de la scène de chasse à la baleine
dans la mesure où celui-ci fut inséré et dans le Cahier N°VI et dans le N°VIII et aussi de ne pas trouver de H.T. du tout,
ou un nombre moindre, dans la mesure où ils étaient, dans les cahiers, placés en début des “blocs texte” et parfois séparés ou absents.



“La traduction du Moby Dick de Herman Melville,
quant à la méthode
utilisée sera originale : l’antiquaire anglaise de Saint-Paul-de-Vence,
Joan Smith, fera un mot-à-mot,
que mettra en français Lucien Jacques,
lequel ne sait pas un mot d’anglais.
Giono reverra cette version, tantôt seul,
tantôt avec Lucien Jacques à ses côtés.”
(Pléiade note N°2 de la p. 119)


Giono écrit, au début de “Pour saluer Melville” :
“La traduction de Moby Dick, commencée le 16 novembre 1936

(ici Giono se trompe, il parle de cette traduction
dans son “Journal”,
en date
du 2 juin 1936) a été achevée le 10 décembre 1939.
Mais bien avant d’entreprendre ce travail, pendant cinq ou six ans au moins,
ce livre a été mon compagnon étranger. Je l’emportais régulièrement
avec moi dans mes courses à travers les collines. Ainsi, au moment même
où souvent j’abordais ces grandes solitudes ondulées comme la mer
mais immobiles, il me suffisait de m’asseoir, le dos contre le tronc d’un pin,
de sortir de ma poche ce livre qui déjà clapotait pour sentir se gonfler
sous moi et autour la vie multiple des mers. Combien de fois au-dessus
de ma tête n’ai-je pas entendu siffler les cordages, la terre s’émouvoir
sous mes pieds comme la planche d’une baleinière; le tronc du pin gémir
et se balancer contre mon dos comme un mât, lourd de voiles ventelantes.
Levant les yeux de la page, il m’a souvent semblé que Moby Dick soufflait
là-bas devant, au delà de l’écume des oliviers, dans le bouillonnement
des grands chênes. Mais, à l’heure où le soir approfondit nos espaces
intérieurs, cette poursuite dans laquelle Melville m’entraînait
devenait plus générale en même temps que plus personnelle.”


Bois gravé d'Alexandre Noll placé en tête de chapitre,
à la première page de Moby Dick ( Cahier N° V )

Lire le récit de la traduction de Moby Dick par Lucien Jacques p. 37 et celle de Jean Giono p. 38
dans “Jean Giono et Lucien Jacques, une amitié en poésie” - Centre Jean Giono 1995




Fresque peinte sur le mur de la Ferme dite Moulin de Giono au Contadour
(c) Monuments historiques, 2004 - reproduction soumise à autorisation du titulaire des droits d'exploitation - de Pierrefeu, Odile


"au retour d'une balade aux Fraches que nous fimes tous les trois (Lucien, Jean et l'auteur) nous nagions alors en plein
Moby Dick, pataugeant dans la graisse de cachalot, et sur la terre houleuse des Fraches il ne fallait pas longtemps
s'abandonner au vent marin qui nous portait, pour voir émerger la masse noire du léviathan et crier comme les vigies
du Péquod : "Elle souffle ! Elle souffle !". Jean peignit donc une baleine. Au-dessous, Lucien dessina un cartouche
dans lequel il écrivit - et ce fut notre signature - Baleine rencontrée le 25 juin 1937 dans le détroit des Fraches,
A. Campozet, Lucien Jacques et J. Giono étant de vigie." - Alfred Campozet - Le Pain d'étoiles p. 97
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HERMAN MELVILLE : Moby Dick.

L’exercice de mon métier d’éditeur et mon commerce de plus en plus développé avec la littérature étrangère
me conduisirent à de multiples réflexions sur l’art de la traduction. J’en vins ainsi à m’intéresser à l’histoire des traductions,
à considérer leurs manières, leurs mérites, leur vieillissement, à découvrir leurs "belles infidèles", et même leurs extravagances.
Dans les lectures et relectures que je fis alors, l’envie me vint de reprendre Moby Dick d’Herman Melville et de me livrer
à une comparaison entre les traductions françaises disponibles. L’une d’elles était de Jean Giono et il ne m’a pas fallu longtemps
pour constater, par des retours incessants au "texte source" comme disent les linguistes, qu’elle était de fort loin la plus juste,
au sens où on le dit de l’interprétation d’une œuvre musicale. Juste par le ton de l’histoire et par l’étoffe du texte
autant sinon plus que par l’exactitude linguistique.


Giono dit s’être obstiné, ce sont ses mots,
"à essayer d’en reproduire les profondeurs, les gouffres, les abîmes et les sommets, les éboulis,
les forêts, les vallons noirs, les précipices, et la lourde confection du mortier de tout."
Traduire les mots, c’est élémentaire, traduire ce que Giono entendait reproduire,
c’est faire de la traduction ce que toujours elle devrait être, un art.


 Hubert Nyssen (fondateur des éditions Actes Sud)

Dans "Portrait de Jean Giono" par Jean GRENIER (compagnon du Contadour), Robert Morel 1979 , celui-ci indique p. 44 :
que "la traduction parue en volume (chez Gallimard) est différente de celle qui a paru dans les Cahiers du Contadour."

Voir les sommaires détaillés des huit Cahiers du Contadour sur ce lien, en pdf sur notre site www.contadour.com
 
Création et réalisation
Guy de Malivert

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